Spécial EAF
Les figures de style à maîtriser pour le bac de français
Au lycée, on attend plus que le trio métaphore-comparaison-hyperbole : l'EAF valorise les figures de construction et de pensée, celles qui structurent une argumentation ou un poème. Le corpus raisonnable, registre par registre.
Ce qui change par rapport au collège
Le correcteur de l'EAF n'attend pas un repérage mais une interprétation : la figure est un levier pour construire du sens. Il faut donc connaître les figures plus fines (chiasme, oxymore, litote, ironie, périphrase, métonymie) et surtout savoir ce qu'elles font au texte : condenser une tension, déplacer le regard, retourner un sens.
Par registre et par usage
- Poésie : métaphore filée, oxymore, chiasme, allitération/assonance (le son fait sens).
- Théâtre : antithèse, ironie, apostrophe, question rhétorique (la parole agit).
- Argumentation : litote, euphémisme, antiphrase, gradation (dire sans dire, amplifier).
- Roman : personnification, métonymie, périphrase (le monde signifie).
Les nuances qui font la différence à l'oral
| Exemple | Ce qu'on en dit |
|---|---|
| « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille) | Oxymore — ne pas dire « antithèse » : les termes opposés sont dans le même groupe nominal. |
| « Va, je ne te hais point » (Corneille) | Litote — l'atténuation dit plus que le mot évité : c'est un aveu d'amour. |
| « Boire un verre » | Métonymie (contenant/contenu) — à distinguer de la synecdoque (partie/tout). |
🎯 À travailler en priorité
L'oxymore
La tension condensée, adorée des sujets de poésie.
Le chiasme
Figure de construction typique des textes classiques.
La litote
Incontournable pour l'argumentation et le théâtre.
La métonymie
Sa distinction avec la synecdoque est un classique d'oral.
La périphrase
Détour de désignation, fréquent en poésie et satire.
L'antiphrase
Le ressort de l'ironie — à savoir nommer précisément.
L'allitération
Le niveau sonore du texte, attendu en analyse de poème.
Le parallélisme
Structure binaire à ne pas confondre avec le chiasme.
